).
I - Contexte historique : l'Égypte nagadéenne (Nagada IIA - Nagada IIIA) La politie prédynastique de Nekhen en Haute Egypte est réputée être la zone focale de la culture palatiale qui fournit à l'Etat pharaonique ses paradigmes majeurs. Elle connaît son apogée au Nagada IIB, ca 3700-3600 BC. Les tombes du Nagada IIA-B du cimetière HK6 caractérisent la période de la plus grande expansion du site. C'est aussi la période où se cristallisent les modèles culturels de la civilisation égyptienne pour plus de trois millénaires comme le note Renée Friedman : « The presence of stone statuary, funerary architecture and animal burials dating to 3700 BC is placing Hierakonpolis at the forefront of the traditions that have a long and rich history in Egypt ». Particulièrement, la nécropole associe le personnage le plus important des élites hiérakonpolitaines de l'époque à la figure de l'éléphant. Au moins deux tombes abritent des restes d'éléphants. L'un est inhumé tombe 24, riveraine et contemporaine de la tombe 23, datée du Nagada IIA-B, ca 3700-3600 BC, qui contient des fragments d'une tête de massue en diorite, d'une jarre d'albâtre, un ibex en silex, une oreille et un nez d'une statue en grès.
Il est tentant de définir sur ces bases Nekhen comme la cité d'un roi Eléphant.
|
| figure 1 (Click to Open, then depress F11) |
|
| figure 2 (Click to Open) |
Cent cinquante ans plus tard, au Nagada IIIA1 et plus au nord, l'iconographie des powerfacts de la tombe Uj de Scorpion I d'Abydos associe aussi l'éléphant à la nécropole royale - dans une symétrie complémentaire du héron de Buto sur son temple ( figure 2 ). L'inventeur de la tombe, Gunter Dreyer, attribue logiquement une valeur égyptienne aux signes figurés seuls ou en groupes sur les étiquettes des jarres, particulièrement à celui de l'éléphant : 3b. Cette valeur est largement acceptée pour ce sémogramme. Notre propos n'est pas ici de discuter si, combinée à d'autres (proto-)hiéroglyphes, elle qualifie un lignage royal, celui de l'Eléphant des tombes hiérakonpolitaines, ou, un lieu, en l'occurrence de la nécropole funéraire de la royauté, Abydos, ou encore Eléphantine. Mais de constater que les traits culturels de type nilotique s'habillent de mots couchitiques :
« La valeur d'une liquide afroasiatique, / r /~/ l / fréquemment attribuée au graphème égyptien du percnoptère translitéré 3 (H.Satzinger, 1994, 204), vient éclairer le mot 3b, 3bw, éléphant, et lui assure des cognats en couchitique oriental : *?'arb -, éléphant (H.J.Sasse, 1982, 27-28), harso : arap.ko , burji : a'rab , somali : arbe , rendille : arab , dasenech : ?'arab , elmolo : arap , konso : arpa , gidole : arp , oromo : arab ».
|
| figure 3 (Click to Open) |
Dans tous les cas de figure, l'isographe de l'éléphant et de son association à la mouvance du pouvoir gagne Abydos depuis Nekhen au Nagada IIIA1, coïncidant avec ceux du faucon et du scorpion à ces époques. Une inscription du Gebel Tjauti, sur l'une des routes qui sillonnent la région entre Nekhen et Abydos, publiée par J.C.Darnell, associe faucon et scorpion dans l'exposé plus général d'une scène de victoire ( figure 3 ). Le motif de l'arachnide est antérieur à sa qualification du pouvoir. Stan Hendrickx et Renée Friedman rejoignent la suggestion de Jochem Kahl d'un culte du scorpion à Hierakonpolis : « The falcon is the historic god of Hierakonpolis and the frequent occurrence at Hierakonpolis of representations of scorpions is considered evidence for a local scorpion cult there . ». Le nombre d'artefacts en est remarquable dans les débuts du Naqada II, ce qui rend difficile de les relier à un nom ou un titre royal.
|
| Carte (Click to Open) |
Le héron de Buto perché sur son temple gravé, à l'égal du pr wr éléphantesque de Nekhen, sur de nombreuses étiquettes de la tombe Uj de Scorpion I, atteste alors de l'influence, sinon du contrôle, d'Abydos sur les sites du Delta. Le vin de Palestine, trouvé par centaines de jarres dans deux des chambres funéraires de cette tombe témoigne dans tous les cas d'un accès aisé aux marchés orientaux. Le poids de Scorpion I sur les routes du nord, l'avancée future de Narmer en Palestine supposent la prépondérance préalable du royaume thinite dans toute la région de Haute-Egypte, et une unité pacifique, politique et culturelle de la politie abydienne et de celle de Nekhen. Aux débuts du Naqada III, Nekhen, qui a connu son apogée au Nagada II, décline. Ses tombes se font moins riches, mais le temple, le pr wr demeure le centre de gravité du discours politique et religieux et est largement représenté sur les étiquettes des jarres de la tombe Uj d'Abydos. Le centre de gravité du pouvoir palatial s'est déplacé, s'est rapproché du contrôle de la vallée et des routes de l'échange oriental sans cesser de tenir sa légitimité et sa sacralité de Nekhen : Narmer a tombe à Abydos, mais ses powerfacts majeurs, palette et tête de massue, sont religieusement «déposés» à Nekhen. De cette anastamose des deux polities, sans doute achevée dans le transfert du pouvoir de Nekhen à Abydos, et de leur expansion, Naqada, Nwb.t, fait les frais et est « éliminé comme centre politique ». Stan Hendrickx et Renée Friedman inclinent à voir dans l'inscription de Gebel Tjauti, aux portes même de Nwb.t, « le témoignage de la victoire » de la politie thinite sur ses rivales régionales.
Ainsi, en guise de récapitulation diachronique, au Naqada II, ca 3700/3500 BC, Nekhen est à son zénith. Le pr wr, l'ovale sacrificiel, notamment d'ovicapridés (de gazelles), la (les) tombe(s) royale(s) de l'éléphant, le falconidé divin, le culte du scorpion, configurent la mouvance hiérakonpolitaine - qui commerce avec son hinterland saharo-nubien, et avec les comptoirs maadiens : « His pottery grave goods included fine black topped beakers, a bowl decorated with white paint and a jar imported from Maadi ».
La nécropole royale du pouvoir thinite, plus tardive, datable du Nagada IIIA1-2, ca 3300 BC, porte sans doute déjà le nom Ab Dw, sous lequel G.Dreyer l'identifie, et documente aussi le pr wr de Nekhen, la cité qui inhume des éléphants trois cents ans plus tôt.
Les figures du faucon et du scorpion apparaissent liées, des powerfacts de la tombe U-j d'Abydos à ceux (palette et tête de massue) de Narmer déposés à Nekhen. Les deux polities forment déjà, pour la période, un ensemble, donnant au pouvoir, palatial, ses formes supra-lignagères définitives. Vu sous cet angle, le processus historique de la formation de cette politie bi-polaire où le pouvoir a ses racines dans l'arrière pays méridional et sa capitale avancée au nord a pu être similaire à celui au terme duquel Lat Sukaabe devint le teeñ-damel du Cayor et du Baol. Chacun des sémogrammes est-il passé d'un culte local, et/ou d'un emblème lignager sacré, à un pouvoir qui se place au dessus des lignages dépositaires du contrôle social ?
II - La rosette et son nomC'est dans un contexte d'expansion thinite - probablement celui de l'absorption politique des sites de Hu et de Nagada au cours de la période du Naqada IIIA1-2 - que de nouvelles manières de nommer le pouvoir, qui les accumule volontiers, apparaissent. Le graphème du scorpion revient, mais comme figure de la royauté indiscutable. Il se trouve bientôt associé à une autre figure iconographique : la « rosette ». Elle apparaît tantôt à la suite de files d'animaux ; plus rarement, au dessus d'une figure animale, parfois caducéenne, rappelant la combinaison des deux motifs dans le Late Uruk elamite de la Première Conjoncture asiatique de C. Lambert-Karlovsky.
Pendant longtemps, ce sémogramme floral a fait couler beaucoup d'encre sous la plume des égyptologues. On y a vu d'abord le signe incontesté de l'influence de l'Orient dans l'apparition du « miracle égyptien ». En effet, le motif de la florette apparaît en Mésopotamie sur des sceaux de la période d'Halaf à Chagar Bazar, avec 8 pétales sur une impression de sceau d'Uruk, 6 pétales sur une impression de sceau archaïque de Suse I et II, 6 pétales encore sur une impression scigillaire de Jemdet-Nasr. L'interprétation classique l'associe au thème du maître des animaux oriental. « The suggestion that the florette is associated with a power dominating over animals is confirmed by a long series of sealings in which the florette appears in direct juxtaposition with the heros dompteur ou chasseur» . La syntaxe de l'iconographie asiatique le superpose aux animaux qu'il domine - et le combine souvent à un autre thème oriental, celui des serpents entrelacés, caducéens, connu jusque dans le nagakkal des cultures de l'Inde dravidienne.
|
| figure 4 (Click to Open) |
Mais la « Rosette » pourrait également continuer l'étoile ou le bouton de fleur de Bat, ou venir se confondre avec elle. L'iconographie nagadéenne pratique de longue date un motif similaire. On peut reconnaître aisément un emblème stylisé de la déesse bovine Bat sur un ostracon trouvé lors des fouilles du temple prédynastique de Nekhen, identique au dessin gravé sur la fameuse palette de Gerzeh ( figure 4 ) « The horns of the emblem are enclosed by a less deeply incised pattern probably representing a star-flower, as smaller versions of the same motif also appear on the horns and ears of the cow head on the Gerza Palette ».
Certes, l'identification des pentagrammes de Bat, la vache divine, est controversée. Fekri A. Hassan y voit des étoiles, peut-être une représentation d'Orion. Mais il relève aussitôt la polymorphie de la figure d'Hathor, qui continue la déesse nagadéenne de Haute-Egypte dans la civilisation dynastique, tour à tour « tree-goddess » et « sky goddess » Précisément le sycomore est associé à la vache divine dès les poteries gerzéennes.
Le motif du pentagramme vs octogramme floral et/ou stellaire constitue donc déjà un trait du discours religieux égyptien, à l'époque où la politie thinite intègre Hu et Nagada, centres religieux, politiques et commerciaux jusque là indépendants à une croisée africaine des routes de l'échange lointain oriental.
|
| (Click to Open) |
Mais l'hypothèse même n'est pas nécessaire à notre propos. La bonne question n'est pas celle des antécédents, mais celle du discours où la figure prend place, et de cette place elle-même. Il faut d'abord prendre en compte le fait que ce n'est pas sur des sceaux , comme il s'en trouve sur les sites de Hu et de Nagada, qu'apparaît la rosette du pouvoir en Haute Egypte, mais sur des powerfacts en ivoire sanctionnant l'expansion de la politie thinite (Petrie Museum knife, Couteau de Brooklyn, Peigne Davis). Ensuite, l'organisation des deux iconographies, l'orientale et l'égyptienne, n'est pas comparable. Alors que l'iconographie des théofacts susiens super pose l'hexagramme à une figure animale donnée, la syntaxe qui règle la mise en scène des éléments iconographiques des powerfacts nagadéens obéit aux règles invisibles de la langue égyptienne. C'est celle de l'énoncé nominal égyptien archaïque, dénué de démonstratif, qui juxta pose le prédicat et le sujet.
|
| figure 5 (Click to Open) |
Ainsi, le Peigne Davis énumère dans son registre inférieur une file de quatre animaux non identifiés et une rosette tournée vers la droite, sous une série de registres évoquant peut-être Nekhen et son Eléphant, Buto et son Echassier. Un groupe de quatre échassiers infixant une girafe est suivi d'un héron ou d'une grue tournée vers la gauche; un trio de lions est suivi d'une chien tourné vers la droite ; une file de quatre oryx est tournée vers la gauche.
Il est tentant de voir dans les files, plurielles, et leur suffixe, chaque fois singulier, l'une des attestations les plus anciennes de la construction classique de l'énoncé nominal, où les lions, par exemple, constituent le prédicat, le canidé le sujet. La même observation vaut pour le manche du Couteau de Brooklyn, où la rosette figure en position de sujet au même titre que le silure (?) et le chien derrière leurs files de capridés ou d'ânes ( figure 5 ).
La syntaxe du sujet suffixé au prédicat, construction particulière à l'égyptien, se répétant au revers : les files d'oryx, animaux qui comme l'addax, semblent fournir leur cadre de référence aux rites de régénération royale et aux rites de la peau sont attributives du chien ou du poisson, la file de «blaireaux», de la rosette. Le Scorpion est quasiment absent de l'iconographie des palettes, des manches de couteau et des peignes. Il n'apparaît qu'au pluriel, trois Scorpions opposés au Faucon sur la Palette d'Abu ´Umuri dont la datation demeure discutée - début ou fin de la même période, Nagada III.
|
| figure 6 (Click to Open) |
Seules les trois rosettes superposées à trois des animaux vaincus, un oryx, un sanglier, un ibex, par trois des animaux vainqueurs, un lion, un canidé, un griffon, selon des oppositions singulières, du manche de couteau de Gebel Tarif , observent à la lettre, au revers d'un motif caducéen, enveloppant trois rosettes, une syntaxe asiatique des motifs réunis sur un powerfact proprement égyptien ( figure 6 ).
L'iconographie égyptienne dissocie donc généralement la rosette du motif caducéen, et le grave toujours derrière des files d'animaux, comme un sujet derrière le prédicat - au même titre que silure, coquille, et canidé. La matérialité (silex, ivoire) du powerfact, sa socialité, sa destination (couteau cérémoniel), et l'agencement, la syntaxe de ce qui y est énoncé, qui règle la place de tous les éléments graphiques mobilisés, inscrivent clairement dans la culture égyptienne la rosette, figure orientale connue comme telle dans les sphères du pouvoir nagadéen ainsi que l'attestent quelques exemplaires iconographiques la combinant au griffon.
Il paraît cohérent d'accorder au caractère égyptien de la syntaxe des énoncés où ils sont employés, la valeur phonétique attribuable au sémogramme floral et au symbole de l'arachnide et de suivre Stan Hendrickx dans ses propositions de lecture. « L'idéogramme du bouton de lotus, wnb, variante wAb (Hannig 1995:172) est prêté à la graphie du titre souverain, nb, son homophone, avant de s´effacer du catalogue, en construction, des hiéroglyphes au profit de la corbeille, nb signifiant acoustique plus avantageux de la notion de pouvoir » (Hendrickx 1998:227; Schneider 1997:241-267). «Dans ses choix d'écriture, le graphiste délaisse clairement l'articulation sémantique des idéogrammes pour porter son attention et son effort sur leur seule articulation phonétique ».
|
| (Click to Open) |
Le hiéroglyphe V30 est celui du panier, de la corbeille nb.t, njb, phonogramme, nb, dans nb, seigneur, njb, nb tout/chaque, copte : nim. Le scribe va employer le signe du panier pour écrire un autre mot, homophone ou quasi-homophone : nb, seigneur, copte : njb, seigneur, variantes - nap, - nep.
Existe-t-il des paires d'homophones dans un autre univers linguistique voisin ? Sinon, quels homophones d'univers alloglottes l'égyptien apparie-t-il dans son véhiculaire ? En couchitique, le beja : nafe, lafe, alaafi, panier fait un écho isolé à l'égyptien.
Le couchitique, saho, afar : nab, to be great, powerful, naba', big et le sémitique *nyb, arabe : nab, chief of tribe, mehri : nob, big, fournissent les cognats de l'autre mot égyptien. Toutefois, l'étymon de l'arabe nab pluriel ´anyab- prête à controverse. Pour Gabor Takacs, l'arabe nab chef, continue une racine sémitique : *nawb-, power. Pour Werner Vycichl qui s'appuie sur les travaux de Aaron Ember, la matrice lexicogénique de la série est le mot qui désigne la canine, nyb*, féminin nab, pluriel ´anyab, ´anyub, nuyub sur laquelle l'arabe construit la titulature. Celle-ci est nommée comme dent principale, grande dent. « Le nab de la tribu est son chef », son « grand homme ». La métaphore est alors propre aux seules cultures sémitiques.
Un autre étymon est aussi possible, celui du couchitique oriental en ce sens qu'il concorderait davantage avec la variante wAb (< w + *lab ). Si saho, afar *nab, devenir grand, pouvoir, semblent devoir être au principe du nb égyptien, l'idée peut aussi référer à la notion de virilité : *lab, *leb, afar, saho : lab créature du genre masculin, sidamo : laba, somali : lab, mâle, etc
Enfin, la paire d'homophones *neb- corbeille , *nab- big man semble, au vu des données jusqu'ici réunies, plus aisée à reconstituer dans le domaine couchitique qu'en sémitique, qui étend en Asie l'isoglosse du second.
III - La figure du scorpion et son nom
|
| Tomb U-j at Abydos
© DAIK |
Les documents du Nagada IIIA font du scorpion et de la rosette un emploi limité dans le temps à cette période de la prédynastie - commencée avec Scorpion I (tombe Uj d'Abydos) et terminée avec Narmer (tombe B7-9 d'Abydos) - qui marque l'apogée de l'expansionnisme thinite.
|
| Cimetière U et B à Abydos
© nemo.nu |
|
| figure 7 (Click to Open) |
Dans son commentaire de la vignette d'un vase ovoïde à col de l'Ashmolean Museum, daté du Nagada IId2, dont la décoration comporte crocodiles, serpents et scorpions ( figure 7 ), Elena De Gregorio Torrado met en regard le thème iconographique égyptien avec une impression de sceau de Suse II, et le décor d'une pièce de Jemdet Nasr (ca 3200 BC) qui figurent des scorpions. Mais l'ancienneté du motif dans la vallée du Nil, attesté au Nagada II en pleine apogée de Nekhen, où il est local, ou sur un vase décoré de Gebelein, où son sémogramme répété domine une file de girafes, rend difficile de l'expliquer en Egypte par ses équivalents asiatiques.
Dans ces conditions, avant toute hypothèse d'origine orientale du thème en Egypte au prétexte que deux cultures contemporaines le partagent deux ou trois siècles plus tard, l'une en Afrique, l'Egyptienne, l'autre en Asie, la Susienne, il faut d'abord suivre Pierre Amiet dans sa caractérisation du Scorpion de la glyptique mésopotamienne.
Incontestablement le scorpion est aussi chez lui dans l'univers susien. Mais la figure achevée de l'homme-scorpion en développe une autre plus ancienne, celle du scorpion-atlante « porteur de corps célestes » . Au delà des ressemblances imputables à l'identité de référent, le sémogramme du scorpion reçoit une place différente dans l'agencement écologique de chacune des deux cultures. Atlante de la voûte céleste ici, divinité chtonienne puis figure royale là.
En Egypte, l'association thématique de l'arachnide avec le Faucon en fait une figure thinite très ancienne. En fait, Nekhen et la Haute-Egypte en sont dès le Nagada IIA-B la zone focale - on peut donc inférer que c'est aussi la zone focale du nom qu'il porte en égyptien.
Notons d'abord avec Alain Delattre que « le nom sémitique de l'arachnide », ´aqraba, « n'apparaît pas en égyptien ». D'autre part, la lecture que donne Rainer Hannig du nom de l'Horus Scorpion, wHa (srq), qu'il place avant l'Horus RA (Iry Hor ) et l'Horus RA, nous semble discutable. Si la déesse Scorpion, srq.t (Wb I 204, 1-4), apparaît, elle aussi, dès les Pyramides, dans la composition du titre xrp-srqt, le mot wHa.t est pour sa part d'origine récente. Il apparaît au Nouvel Empire, et dérive du verbe wHa, piquer (Wb I, 351).
Une autre racine, d3r.t est attestée à l'Ancien Empire (Wb V, 526,15 - 527,5). Les deux racines whc.t et d3 r.t cohabitent à partir du Nouvel Empire selon une distribution géographique qui conduit Alain Delattre à formuler l'hypothèse que la répartition des formes coptes, clj (bohaïrique, Basse Egypte), oyohe (sahidique, Haute Egypte), oyaahi (fayoumique) continue une répartition valable pour les époques antérieures.
Cependant, il est connu que les lexiques s'érodent davantage dans les zones focales, que leurs périphéries dessinent l'isoglosse de leur expansion, et partant, se prêtent à l'indication «par défaut» du lieu d'où, désormais absents, ils se sont répandus. Il semble logique de considérer dans cette perspective que whc.t, innovation moderne, a pu supplanter d3r.tdans sa zone focale où son emploi était plus érodé, et que les «époques antérieures» de la répartition ne remontent pas au delà du Nouvel Empire.
En accord avec la « théorie des vagues » et leur ordre, faut-il privilégier une approche tchadique et couchitique pour les périodes les plus anciennes ? Alain Delattre en convient : d3r.t est un mot « sans étymologie connue et attesté comme nom propre dès l'Ancien Empire. Son origine remonte à l'époque afro-asiatique : on peut le comparer aux termes utilisés pour désigner le Scorpion dans les langues du Tchadique de l'Ouest ». Gabor Takacs reconstruit en effet une forme radicale : d3 r.t < *grr~g'r , qu'il compare au tchadique : *gVr-, tchadique occidental, angas-sura : *gyor > angas : dyor~yor , g y or , ron : *gVr , scorpion > daffo : garye h , kulere : girir , ambul : giir etc.... Les variantes : d3 nryy.t (soit phonétiquement d l-y.t ), démotique : d l , scorpion, autorisent à reconstruire une forme *gVl~r .
Avant de poursuivre, il convient de noter que les noms de l'arachnide correspondant à des innovations formées sur des mots qui le qualifient: w hc .t < w hc , piquer , et sr k .t , la déesse «Selkis» (dotée du déterminatif vertical du scorpion, terme rapproché de l'arabe salaq , transpercer , par Werner Vycichl), sont aussi ceux que l'égyptien donne à des silures comme le clarias anguillaris , sr k y , en copte : saloyki , le " poisson-scorpion ", une des " incarnations d'Atoum-Rê " des textes de Basse Epoque, et comme le synodonte schall , w hc w , Ces poissons figurent sous le même taxon moderne des siluridae que l' hétérobranchus longifilis , le silure n c r dans une proximité analogique qui éclaire en retour celle de Scorpion II et de Narmer, selon une manière ancienne et active de penser et de catégoriser le monde. Silures et scorpions portent les mêmes noms - le scorpion est un silure de terre, le silure un scorpion d'eau que rapprochent leur agressivité et les décharges brûlantes, transperçantes qu'ils administrent. De ce point de vue, Scorpion II et Narmer sont caractérisés soit par une identité, soit par une continuité étroite. Soit ils se confondent dans une figure unique sous des dénominations équivalentes, soit le second continue le premier au plus près de ses attributs. L'identification du hiéroglyphe de Narmer comme un hétérobranchus longifilis , n c r , conduit à demeurer réservé sur une lecture où les deux sémogrammes se liraient d3 r.t < *gor ~ gol . Mais pas sur l'existence du cryptotype culturel auquel ils émargent et auquel le domaine bantu fournit, au Gabon, un écho remarquable où le silure et le scorpion portent des noms comparables : mpongwe : o/i. g órò g òrò , scorpion, fang : h gòl , pl. ba. h gòl , clarias pachynema , ngom : ngólò , pl. ba.ngòlò.
Gabor Takacs rapproche encore de manière pertinente l'égyptien : ppt scorpion (Wb I 566, 4) du tchadique central : *pVt- scorpion , higi : piti , futu : ptu , et de l'omotique septentrional : piti s i. Notons qu'en égyptien ppj est un verbe de mouvement.
Un autre mot, d db.t (Wb V 632,11) également formé sur un verbe, d db , mordre, apparaît de la même manière à Basse Epoque. Un dernier terme, h ddt (Wb III, 206,6-7) déesse scorpion, est attesté. Toutefois ses graphies variables, avec la touffe de papyrus, M16, phonétiquement h3 , h3 ddt , h3 tt , ou avec la Massue, T3, hdd t, hd t rendent malaisée l'identification de la racine.
Dans la recherche d'une lecture littérale de l'idéogramme du scorpion des étiquettes de la tombe Uj d'Abydos ou des powerfacts proto-dynastiques s'accordant aux mots les plus anciennement attestés, une dernière approche s'avère nécessaire et complémentaire, celle de la prise en compte de l'association du sémogramme avec d'autres éléments, en l'occurrence, wnb , la rosette. Dans ce contexte, l'association de wnb et du scorpion rappelle celle du titre n rp sr k .t. . Il pourrait être tentant d'attribuer au sémogramme cette valeur, qu'il peut prendre : sr k .t (Wb IV, 204, 1-3). Mais, c'est alors la recherche de l'étymon et celle de la matrice lexicognéique qui deviennent malaisées. En effet, Werner Vycichl propose des solutions contradictoires, référant tantôt à une première racine sémitique - l'égyptien srq , to breathe , correspond au sémitique : srq , to breathe ; tantôt à une seconde - sr k .t , la déesse «Selkis», dotée du déterminatif L7
du scorpion, vertical, en position d'atlante, ou d'orant, est alors rapprochée de l'arabe salaq , transpercer. Dimitri Meeks note que sr k est un causatif (faire) respirer (Wb IV 201-203,10), et qu'un verbe de mouvement, L19-D54
srk ouvrir (un chemin) , combine l'idéogramme du scorpion, en position chtonienne, sous sa graphie nagadéenne, horizontale, et le hiéroglyphe D54 des jambes.
Deuxième hypothèse : le wnb des powerfacts est un d3 r.t , un Scorpion, comme d'autres leaders politiques nagadéens sont des Eléphants, 3b , ou des Faucons, hr. Cet usuel est le plus ancien à être attesté, s'accommode de la concurrence, restreinte à la dimension religieuse, du nom que la déesse partage avec l'arachnide, et s'intègre bien dans la cohorte des mots d'origine «éthio-tchadique» particulière au véhiculaire palatial nagadéen, qui inclut jusqu'aux noms du Faucon, de l'Eléphant, du sémogramme floral. En l'état actuel des données et pour toutes ces raisons, nous inclinons à proposer une lecture d3 r.t du signe du scorpion, lisible [ gor - ~ gol ].
Ceci est aussi conforme aux observations de Gabor Takacs : « Can we suppose after the split-up of the Afro-asiatic unity, the Proto-Egyptian tribes had a long co-existence with the ancestors of Chadic as well as of Nilo-Saharan somewhere in the Saharan macro-area ? Can we identify the bearers of the paleolithic-néolithic Saharan culture with a wide conglomeration in which Proto-Egypto-Chadic and other ancient African (Nilo-Saharan, Bantu etc...) populations could also have taken part ? Can we suppose that the Proto-Egyptians tribes migrated from the south or the south-west to Upper Egypt to gradually occupy the entire Nile Valley ? Can we suppose a later (secondary) Egypto-Semitic coexistence already in the neolithic Nile Valley and place it after the split-up of the Chadic - Egyptian union » ? Bref tableau rejoignant les conclusions d'un autre linguiste, Igor Diakonoff, qui délimite à coups d'isoglosses la zone focale de la langue des hiéroglyphes autour de la région d'El Kab, en gros le sud de la Haute-Egypte, que vient lécher et pénétrer le commerce lointain oriental dès les débuts du quatrième millénaire. Survol synthétique quasi aérien, également conforme aux données archéologiques, qui situent le point de départ de la nagadisation culturelle, politique - et linguistique (si l'on s'en tient au fait que c'est cette région qui documente les premières suites de (proto-)hiéroglyphes dès le Nagada IIIA1) - au cur de la zone focale des linguistes en l'occurrence des polities gerzéennes de Haute-Egypte et l'étendent à Abydos une boucle du Nil plus loin. Enfin, l'univers nilo-saharien, partout affleurant dans les modèles culturels, et loin d'être absent du panorama linguistique, et le domaine bantu y complètent l'intégrale première du paysage de l'ethnogénèse égyptienne. Avec la nagadisation, la langue de la culture d'El Kab, la langue de Nekhen, va descendre le fleuve, de la région thinite au delta, en incorporant lentement mais sûrement nombre traits de la seconde vague venue à sa rencontre au fil des comptoirs de l'échange lointain dans une dialectique subtile du palais et du marché, du pouvoir et de l'échange, générant des convergences - et peut-être même un modèle de convergence.
IV - Retour à l'Histoire et essai d'interprétation en termes d'anthropologie culturelleC'est dans ce contexte général qu'il faut alors s'interroger sur les phénomènes de convergence nagadéens et susiens, les recadrer dans l'histoire des cultures mises en contact par le commerce de biens et matières premières de prestige à longue distance que pratiquent leurs élites. Le discours du pouvoir n'est pas étanche à l'Histoire, particulièrement à celle qui se tisse au long des routes du commerce lointain. Il en éponge volontiers tous les épisodes. Aussi, le succès d'un motif susien dans l'iconographie royale pourrait avoir des raisons complexes, liées à l'histoire des polities haut-égyptiennes de cette époque aussi bien qu'à celle de leurs relations avec leurs partenaires du commerce à grande distance de biens précieux et de matières premières. Serpents caducéens, griffons et rosaces, qui «passent» de la glyptique scigillaire proto-élamite de la Late Uruk period à l'appareil artefactuel des sites de Nagada et Hu, et de là gagnent l'iconographie du pouvoir thinite qui vient contrôler ces portes sur le commerce lointain avec l'Orient, ne le font pas par hasard. Leur incorporation dans le discours des powerfacts thinites est un acte souverain, cohérent avec le contrôle de la Haute-Egypte méridionale sur deux polities haut-égyptiennes situées dans la partie la plus orientale de la boucle que le Nil dessine dans cette région, Naqada et Hu - points d'arrivée d'une des routes de l'échange lointain. Barbara Adams a publié deux sceaux cylindriques mésopotamiens trouvés sur ces sites en contexte gerzéen, le cylindre d'ivoire de Hu (tombe U364) et celui de grès de Naqada (tombe (N)1863).
Que les deux cités aient pu faire l’objet ou les frais de l’expansion thinite, soucieuse de se ménager l’accès direct à la Mer Rouge - au débouché de l’Ouadi Hammamat - et le contrôle du grand commerce oriental, est presque logique sous cet angle. C’est précisément Naqada, dont l’inscription de Gebel Tjauti paraît relater la défaite devant la politie de Faucon~Scorpion, et Hu qui perdent leur indépendance politique à cette époque. La politie thinite, qui allie ou intègre Abydos et Nekhen, ne se contente pas d’avancer au nord et d’échanger avec la Palestine ; elle intègre les pôles nagadéens du commerce lointain oriental. Un siècle et demi de contrôle et d´intégration plus tard, Narmer s’avance en Palestine.
C'est dans ce contexte d'expansion de la souveraineté thinite, c'est à dire égyptienne, qu'il faut situer l'acculturation des motifs propres aux élites asiatiques, caducées, griffons, florettes. La valeur que l'égyptien peut donner à la rosette, wnb, w3b , bouton de fleur, est homophone au statut de maître - politique. En égyptien : nb , aux cognats couchitiques nombreux. Le jeu homophonique suggère que les règles et les procédures de l'écriture hiéroglyphique sont déjà à l'uvre, et que le palais incorpore le thème selon ses propres stratégies et critères culturels dans sa propre langue. Le contexte funéraire fréquent de ces artefacts cérémoniels conduit même à suspecter un caractère performatif aux énoncés graphiques nominaux mettant en jeu pour sujet la figure royale. La langue des énoncés, dans ces conditions, est déjà et ne peut être que de l'égyptien.
Plutôt que de parler d'influence, il serait mieux venu de parler d'échange, et d'acculturation, et de mettre en évidence l'acculturation qui résulte de l'échange commercial. L'acculturation s'avère le fait du prince, et ne touche que l'espace social du palais, où elle vise à dire et accroître son pouvoir, dans le discours qu'il en donne. Les motifs mobilisés dans la théorie de l'influence sont en réalité des « areal parallels », comme disent les linguistes, incorporés sur des supports différents, dans des ensembles d'artefacts constitués en systèmes discursifs différents. Le motif oriental apparaît toujours au terme africain des chaînes d'intermédiaires des partenaires du commerce à longue distance, sur des objets de provenance et de facture égyptienne, et qui ont une destination socio-culturelle uniquement intelligible en Egypte, palettes, manches de couteau, peignes. La rosette y est associée à des files d'animaux sur le modèle de l'énoncé nominal égyptien, où elle figure le sujet, et la file, le prédicat. Dans ce type d'énoncé, attesté dès le prédynastique aussi bien sur la peinture de la tombe 100 du site HK-33 de Nekhen que sur le brûleur d'encens de la tombe L de Qustul, le prédicat nominal définit les propriétés sémantiques du sujet, en l'occurrence la vérité du pouvoir : hd sbi.w , la figure royale/les captifs , wi3.w sr n , le palais/les barques funéraires. Il « classifie le sujet ». Aussi, les propriétés de la rosette ne sont-elles pas différentes de celles qui qualifient les figures royales du canidé, du silure, du faucon sur les mêmes powerfacts , palettes ou manches de couteau égyptien. Autant d'énoncés de type nominal, dont la plupart des unités élémentaires demeure opaque à la lecture, mais que leur agencement et leur opposition de nombre caractérisent. La rosette reçoit ses attributs du discours de pouvoir égyptien énoncé selon les règles de l'énoncé nominal archaïque. Les seuls powerfacts , au demeurant égyptiens de facture et de destination, qui proposent indiscutablement un modèle d'énoncé attribuant à la rosette des propriétés comparables à celles de l'iconographie des artefacts susiens, sont le manche du couteau du Musée Pétrie, où le motif caducéen sculpté sur le manche d'ivoire égyptien e nveloppe et infixe la rosette de manière identique aux motifs susiens archaïques, et le manche de couteau en ivoire du Musée Berlin, qui présente le même motif caducéen enveloppant les mêmes rosettes. Mais l'avers de chacun des manches de couteau expose un énoncé de thématique égyptienne, associant notamment un pteroceras (coquille) à des félidés, et semble établir l'équivalence de deux modèles statutaires, clairement distingués par les syntaxes, l'un asiatique, l'autre africain, dans une sorte de bilinguisme graphique - faisant, d'une certaine manière, de ces manches de couteau des "Pierres de Rosette" (si l'on ose dire) de l'époque nagadéenne.
Le sémogramme floral étant, de manière indépendante de l'Asie, déjà ancien en Egypte à l'époque où les deux cultures, la susienne et la nagadéenne, se rencontrent, littéralement du bout des routes , on peut interpréter cette acculturation en termes de convergence, de distinction sociale et de ré-emploi du motif selon des critères culturels et politiques proprement égyptiens dans un discours de pouvoir égyptien. L'incorporation par les protodynasties thinites dans l'iconographie de leurs powerfacts d'éléments susiens est postérieure à la victoire gravée dans le roc de Gebel Tjauti par un graphiste haut-égyptien, postérieure à l'intégration de Naqada et Hu dans la mouvance thinite. Il n'y a ni rosette, ni griffon, ni serpents caducéens dans le corpus des powerfacts de Scorpion I d'Abydos.
|
| figure 8 (Click to Open) |
Dans ce contexte, « le transfert » des thèmes orientaux , « purement idéologique » n'aura concerné « que les sphères du pouvoir », dont il contribue à nourrir la mise en place du discours. « C'est bien à travers des réseaux commerciaux de plus en plus élaborés, visant à la main mise par une élite des produits de prestige indispensables au renforcement de son pouvoir », écrit Béatrix Midant-Reynes, « que les Egyptiens sont entrés en contact avec leurs voisins orientaux. Dominateurs au Levant sud, parce que le contexte culturel local s'y prêtait, et où leur ponction s'effectuait sur les matières premières, ils semblent s'être livrés avec les Mésopotamiens à un jeu de cache-cache, ne captant de leurs puissants voisins que des traits apparemment superficiels, aptes cependant à l'expression de leur pouvoir grandissant ».
V - EpilogueLes thèmes susiens vraisemblablement incorporés dans le discours égyptien du pouvoir après l'intégration de Naqada dans la politie thinite, en disparaissent après Narmer - et d'ailleurs aussi, le type de powerfacts égyptiens (palettes, têtes de massue...) quasi millénaire qui les archive. Quand le centre de gravité du pouvoir, qui se confond aussi avec les lieux d'éternité royale, se déplace plus au nord, dans la région memphite, aux portes du contrôle de l'échange lointain oriental. Scorpion I importait 700 jarres de vin palestinien pour exprimer son prestige et mesurer son pouvoir à l'aune des biens précieux et lointains de partenaires de même rang. Narmer conquiert la Palestine. Après lui, avec la I° Dynastie, l'Egypte implante la vigne sur ses africaines terres et exporte son propre vin dans ses colonies de Palestine.
NotesA.Anselin, Le Lièvre et l'Éléphant , Cahiers Caribéens d'Egyptologie 5, 2003, 104-107. Cf. aussi, le sémogramme de l'Autruche, gravé sur la jarre funéraire d'un enfant (HK43, Burial 213 contemporaine (Naqada IIB-IIC)), in Stan Hendrickx A Remarkable Tomb with an Exceptional Pot , Nekhen News 14, 2002, 11-12. Cf. G.Dreyer Umm el-Qaab I. Das prädynastiche Königsgrab U-j und seine frühen Schriftzeugnisse, Mayence, Von Zabern, 1998, 195 pages, 47 planches. Cf. notamment planche 29, étiquette 52 et planche 35, étiquette X184. G.Dreyer, opus cité , 139. Et si c'est le cas, il faut considérer la donnée dans son contexte lignager, où l'Eléphant qualifie un lignage dominant auquel il est associé et qu'il caractérise. Sur ces hypothèses, voir les travaux de G.Dreyer, B.Menu, A.Anselin, A.Jimenez-Serrano, J.Kahl. A.Anselin Le Lièvre et l'Éléphant , CCdE-5, 2003, p.93-94 J.C.Darnell avec le concours de D.Darnell Theban Desert Road. Survey in the Egyptian Western Desert. 1 Gebel Tauti Rock Inscriptions. Chicago, O.I.P. 119, p.142, fig.10, cité par S.Hendrickx et R.Friedman, opus cité, Göttinger Miszellen-196, 2003, 95-109 S.Hendrickx et R.Friedman Gebel Tjauti Rock Inscription and the Relationship between Abydos and Hierakonpolis during the early Naqada III Period in Göttinger Miszellen 196, 2003, 95-109 Ils le rapprochent aussi du scorpion localement associé à Isis au Nouvel Empire - figure symétrique, noterons-nous, du scorpion de la déesse Is s arra (P. Amiet, La Glyptique Mésopotamienne Archaïque, Editions du CNRS, Paris, 1980, pp.133-134 ). Ulrich Hartung Abydos. Umm el-Qaab : le cimetière prédynastique U in ArchéoNil-12, décembre 2002, 87-93. « ...la tombe (Uj) contenait probablement 700 de ces vases (à vin importés de Palestine), c'est à dire l'équivalent de 4500 litres de vin ». Sur l'identification du vin, cf. les travaux de Patrick Mc Govern (1999). S.Hendrickx et R.Friedman, opus cité , pp.104-105, observent l'absence de traces de conflits entre les deux polities à l'époque nagadéenne. G.Dreyer, opus cité , p 132., fig. 61 à 69 et p.130, fig.127 à 129 « The lack of elite tombs of the Naqada III period in the Hu region indicates that it had ceased to be a distinct independant chiefdom by that time » écrivent S.Hendrickx et R.Friedman, opus cité, Göttinger Miszellen 196, 2003, p.101, qui considèrent que Scorpion I a pu conquérir la région de Naqada (idem, p.95). R.Friedman, Excavating an Elephant, Nekhen News-15, 2003, pp.10 et 16, ==> et Interactive Dig Hierakonpolis - the Elite Cemetery février 2003 : http://www.archaeology.org/interactive/hierakonpolis Lecture contestée par A.Jimenez-Serrano, puis J.Kahl in Hieroglyphic Writing during the Fourth Millenium BC : an Analysis of Systems in ArchéoNil 11, 2001, 103-135, qui voient dans le signe des montagnes un déterminatif et proposent de lire le groupe 3b ( w ), Eléphantine. Cf. Marcelo Campagno From kin-chiefs to God Kings. Emergence and consolidation of the State in Ancient Egypt (From Badarian to Early Dynastic Period, ca.4500-2700 BC) in Cahiers Caribéens d'Egyptologie 5,2003, 23-34 et On the Predynastic «proto-states» of Upper Egypt, in Göttinger Miszellen 188, 2002,49-60.« Certes, les mythes africains, bantu ou berbères, qui, à l'instar des cultures sahariennes préhistoriques, abondent en métaphores animales de la fécondité humaine, mettent précisément la figure de l'éléphant au centre d'une pensée de la vie et en cela paraissent bien éloignés de la figure de l'éléphant égyptien, associée par le nom ou l'emploi à la sphère funéraire royale - mais aussi à l'idée de renaissance, tout comme les peaux de gazelles funéraires (G.Graff, 2002). Sous cet angle, le pachyderme est au cur des métaphores de la vie comme de la mort tout comme dans les cultures africaines qui y recourent. Les Bamileke, chez qui la «société des éléphants» organise la fête bisannuelle de la fertilité, sculptent un masque d'éléphant dont la sortie rituelle «se pratique lors de la mort d'un chef ou, à la fin de l'année, pour marquer le raccord avec l'année nouvelle» (J.L.Le Quellec, 1998, 372). « Chez les Kenje et les Aka» poursuit le même auteur «les chefs font aussi un pacte avec l'éléphant ... ».
|
| (Click to Open) |
|
| (Click to Open) |
|
|
|
Notes d'édition.Amélineau, Émile, Les nouvelles fouilles d'Abydos, 1895-1896/1896-1897/-1898, compte-rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts, E. Leroux, Paris, 1901/1902/1905.
Brass, Michael - 2003, Tracing the Origins of the Ancient Egyptian Cattle Cult, Antiquity of Man, Oxford, p.101-110,
Hassan, Fekri A., 2003 - Kafr Hassan Dawood (KHD) On-Line : ARTEFACTS (31o51’-30o30')
Kamugisha, Aaron - 2003, Finally in Africa ? Egypt, from Diop to Celenko, IRR Race & Class-45:31-60, Stanford University
Keita, S.O.Y., - 2005, Early Nile Valley Farmers from El-Badari : Aboriginals or "European" Agro-Nostratic Immigrants ? Craniometric Affinities Considered With Other DataJournal of Black Studies, Vol.36 No.2, November 2005 191-208
Analyzed using the generalized distance of Mahalanobis - a demic diffusion hypothesis - affiliated with indigenous African population - more of cultural transfer - migration as an explanation for culture change - denies indigenous in situ evolution - in explaining the appearance of food production in the Nile Valley. - emergence of agriculture occurs nearly 2,000 years after (Hassan, 1988) - Badarian, the first defined unit in the predynastic cultural sequence that shows continuity with dynastic Egypt - analysis of craniometric & cluster analysis - a series of upper Egyptian/Nubian epipalaeolithic crania affiliate... - post-Badarian southern predynastic and a late dynastic northern series (called "E" or Gizeh) cluster together - large-scale migration in the immediate post-Epipalaeolithic period.
Manzo, Andrea - andreamanzo@virgilio.it
Podzorski, Patricia (report of Nancy Corbin) - 2001, What Predynastic Ceramics Tell Us About Prehistoric Egypt : El-Ahaiwah, Ballas and Shurafa , University of Missouri.
Watrin, Luc - 2007, The Relative Chronology of the Naqada Culture: a view from Buto, Ma’adi Harageh and Gerzeh, p.01-31, in Hanna H. (ed.), Proceedings of the International Conference in Naqada and Qus Region’s Heritage, International Council of Museum (ICOM), Alexandria, Egypt. - Reassessing the chronology of Lower-Egypt: a prelude to any inter- and extra-regional research and to establish a precise relative chronology of the Nile Delta sites which are contemporary with the first two cultures of Naqada (around 3850-3300 BC).
Watson, John - 2005, The 1st Dynasty Tombs of Saqqara in Egypt", (Tour Egypt)
|
| (Click to Open) |
|
| (Click to Open) |
|
|
Etiquettes: (tombe U-j; Abydos (DAIK)
|
Comb; Predynastic; Bequest of Theodore M.Davis, 1915 (MMA : 30.8.224) |
Abydos (Geographical Mag.)
|
Menes was none other than the Horus Aha.
© ancient-egypt.org |
© Tigtail.org
|
by A.Kaulins
© lexiline.com
|
|
Massue de Scorpion (Ashmolean M., Oxford)
|
|
Tomb 05, Scorpion II (Abydos)
© ancient egypt magazine.com
|
Gerzeh tomb 59 (S.D. 47-77)
© Cairo Mus. 34173 |
© Francesco Raffaele
The 4 last kings of the 1st Dynasty.(Saqqara)
© ancient-egypt.org |
UC16294 - Gerzean ?
© John Bodsworth
|
© brooklyn M. |