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La préhistoire du Petit Caucase

Dossier proposé par
la mission archéologique « Caucase »

2005, février

L'isthme du Caucase, qui s'étire entre mer Noire et mer Caspienne, relie les steppes du sud de la Russie au Proche-Orient et forme ainsi un pont entre l'Europe et l'Asie.   Cet isthme est traversé par la chaîne du Grand Caucase (Balshoy Kavkaz), qui constitue une barrière sur les plans climatique et culturel entre les plaines du nord, prolongement du continent européen, et les hautes terres du sud (ou Transcaucasie), ouvertes sur le Proche-Orient.   La partie la plus méridionale de la Transcaucasie est formée par les montagnes volcaniques du Petit Caucase (), qui englobent le sud de la Géorgie (province de Djavakhétie) et l'ensemble du territoire arménien

1. - Intérêt de l'étude de cette région pour les époques préhistoriques

Les hautes terres du Petit Caucase, réputées pour la diversité de leur flore et de leur faune et des ressources minérales variées (obsidienne, cuivre...), ont attiré les populations tout au long de la Préhistoire et ont constitué tantôt une zone de convergence, tantôt une frontière culturelle avec le Proche-Orient.   Elles furent en effet :

La mission archéologique « Caucase » du Ministère des Affaires Etrangères a donc pour objectif de découvrir et d'étudier les cultures qui se sont développées dans le Petit Caucase, et plus spécialement sur le territoire de la république d'Arménie, entre le Paléolithique et la fin du Chalcolithique, périodes qui n'y sont connues que de façon très ponctuelle, alors qu'elles sont abondamment représentées dans le reste de la Transcaucasie (Géorgie, Azerbaïdjan).

Le relief montagneux, qui morcelle le paysage, et le climat continental en font une région où l'équilibre naturel est fragile, menacé tant par les oscillations climatiques que par une surexploitation de l'environnement par l'homme.   L'étude de l'évolution du paysage tout au long du Quaternaire est donc indispensable pour comprendre les choix faits par les populations pour leur habitat et les contraintes auxquelles elles ont dû s'adapter.

Notre mission compte actuellement huit opérations (études paléoenvironnementales, prospections et fouilles) qui sont menées en collaboration avec les Dr Pavel Avetisyan, Ruben Badalyan et Boris Gasparyan, de l'Institut d'Archéologie d'Erevan, ainsi qu'avec différents organismes de l'Académie des Sciences d'Arménie : l'Institut de Botanique, la Faculté de Géographie et l'Institut de Géologie (cf.   Annexe).

2. - Evolution de l'environnement

Le territoire arménien est soumis aujourd'hui à un climat continental aride avec des variations locales très importantes (maximum absolu : +43 C ; minimum absolu : -42 C).   Mais ces conditions climatiques ont beaucoup varié au cours du Quaternaire.  

Des modélisations de son évolution sont en cours grâce à la découverte de nombreuses empreintes fossiles de flore (feuilles d'arbres, graines...) et de faune (insectes, mollusques, poissons...) retrouvées dans le sud-est du pays (vallée du Vorotan) dans des dépôts lacustres de diatomites.   Les couches les plus anciennes, datées de plus de 900 000 ans, ont livré des espèces caractéristiques d'un climat subtropical ; leur a succédé une végétation de type tempéré chaud ; puis le refroidissement du climat s'est intensifié : le genévrier, au sommet de la séquence, témoigne de l'instauration d'un climat continental froid et sec.

Ces empreintes fossiles de flore montrent que les formations forestières ont été dominantes dans cette région du sud-est de l'Arménie pendant de longues périodes au cours du Quaternaire.   Nous nous sommes donc attachés à l'étude du contexte, dans lequel se sont formés ces dépôts, pour préciser la chronologie des phases où existait un environnement (formations lacustres, végétation forestière) propice à l'occupation humaine.

Par ailleurs, le paysage actuel est très ouvert avec des steppes à armoises et quelques lambeaux de forêts, qui persistent par endroits sur les versants nord.   A quelle période l'ouverture de la forêt et le développement de la steppe se sont-ils produits ? Quelle est la part des phénomènes naturels et quelle est celle de l'action de l'homme sur ces modifications de la végétation ? Afin de répondre à cette question qui concerne la majeure partie du territoire arménien, la mission s'attache à reconstituer le paleo-environnement des sites en cours de fouilles grâce à des études géomorphologiques et à l'analyse minutieuse des restes de flore et de faune sauvages retrouvés en stratigraphie (le tamisage permet en effet de recueillir des ossements de micromammifères, serpents...   qui sont d'excellents marqueurs de biotopes)

3. - Exploitation de l'obsidienne

Illust: obsidienne noire, 5.6 ko, 89x124
obsidienne noire

Parmi les matières premières présentes sur le sol arménien, l'obsidienne a joué un rôle primordial aux époques préhistoriques.   Ce verre volcanique, généralement de couleur noire, parfois brun, rouge ou transparent, se taille facilement en donnant des tranchants acérés, d'où son aptitude à former des outils et des armes.

Les sources d'obsidienne d'Arménie sont nombreuses et d'excellente qualité ; aussi était-il intéressant de savoir si elles avaient joué un rôle dans l'approvisionnement des cultures Mésopotamiennes, qui ont importé ce matériau en abondance entre les 12e et 4e millénaires, les seules autres sources disponibles étant situées en Turquie.   Des analyses chimiques ont donc été réalisées sur les gisements d'obsidienne ainsi que sur des objets provenant de sites archéologiques de l'ensemble de la Transcaucasie ; puis elles ont été comparées au corpus concernant le Proche-Orient.  

Ces analyses ont montré que l'obsidienne du Petit Caucase a été abondamment utilisée dans les bassins de la Kura et de l'Araxe, jusqu'aux rivages de la mer Noire et de la mer Caspienne.   Mais elle n'a guère circulé au-delà des chaînes de montagne qui limitent la Transcaucasie au nord (Grand Caucase) et au sud (Taurus oriental).   Ce dernier possède en effet de grands gisements d'obsidienne (Bingöl, Nemrut Dag...), qui ont approvisionné la majeure partie du Croissant Fertile.   Seule une source de l'extrémité orientale du Petit Caucase (Sevkar) a été exploitée, semble-t-il, à partir du 6e millénaire avant notre ère par les populations établies dans le bassin du lac d'Urmiah.

Un Système d'Information Géographique a été mis en oeuvre, afin de mieux comprendre les paramètres environnementaux (relief, enneigement...) qui ont pu influer sur l'acquisition et le cheminement de l'obsidienne (fig.3b).   A l'intérieur même du Petit Caucase, les populations s'approvisionnaient essentiellement sur les sources situées à moins de 14 heures de marche de leur village.   Mais elles recevaient aussi de l'obsidienne provenant de gisements plus lointains (à plus de 3 jours de marche) grâce à une redistribution de proche en proche ou, pour les sources situées à plus de 2500 m d'altitude et inaccessibles la majeure partie de l'année à cause de la couverture neigeuse, grâce à la transhumance pratiquée (encore aujourd'hui) par les populations des villages installés dans les bassins de l'Araxe et de la Kura (Barge, Chataigner 2004).

La quasi-absence de diffusion vers le sud de l'obsidienne du Petit Caucase est notable et suggère l'isolement de cette région par rapport aux réseaux d'échanges développés par les cultures du nord de la Mésopotamie au cours du Néolithique pour l'acquisition de ce matériau.

4. - Cultures du Paléolithique

Le Paléolithique moyen est attesté de façon certaine en Arménie, dans la plaine de l'Ararat et sur les contreforts des massifs qui la bordent.   Mais le Paléolithique inférieur n'y est évoqué que par quelques rares vestiges controversés et le Paléolithique supérieur reste hypothétique.   Notre mission s'est donc attachée à réexaminer les données anciennes et surtout à rechercher de nouveaux sites dans des régions (le nord-ouest proche de la Géorgie et le sud-est non loin de l'Iran) restées jusqu'à présent terra incognita sur le plan archéologique.

4.1 - Paléolithique inférieur

Les prospections menées dans le nord-ouest de l'Arménie, sur des hauts plateaux situés entre 2000 et 2500 m d'altitude largement ouverts sur le Sud de la Géorgie, ont permis de découvrir dans le bassin supérieur de la rivière Akhurian un vaste gisement de dacite (Eni-Ël), qui fut exploité au Paléolithique inférieur.   En effet, sur ses pentes ont été retrouvés de grandes pièces appartenant à un outillage lourd façonné, le tandem biface/hachereau signant clairement leur appartenance à l'ensemble acheuléen.

4.2 - Paléolithique moyen

Les prospections, menées dans les vallées des rivières Kasakh dans l'ouest du pays et Vorotan, dans le sud-est, ont permis de mettre au jour deux nouveaux sites du Paléolithique moyen.

Dans la haute vallée du Kasakh près d'Aparan, entre 1800 et 2100 m d'altitude, au pied Nord du massif de l'Aragats dans une région réputée pour la rigueur de son climat, ont été découvertes plusieurs stations de plein air, qui ont livré un abondant outillage en obsidienne attribué pour l'essentiel au Moustérien, l'Acheuléen n'étant suggéré que par quelques pièces bifaciales.   L'étude géomorphologique a montré qu'à cette époque le paysage était bien différent d'aujourd'hui : des coulées de laves descendues de l'Aragats avaient interrompu le cours de la rivière, des lacs s'étaient formés derrière ces barrages naturels et les populations s'étaient installées alentour, choisissant pour leurs campements de petits promontoires basaltiques où l'érosion avait creusé des abris (Gasparyan et al.   2003).   L'endroit était en effet propice à la chasse et à la pêche et les montagnes voisines recélaient en abondance de l'obsidienne, si précieuse pour façonner les outils.

Dans la partie sud-orientale de la chaîne du Petit Caucase, non loin de la frontière avec l'Iran, ont été mis à jour dans la vallée du Vorotan vers 1800 m d'altitude les restes d'une occupation sous abri (Angeghakot) avec un outillage de type Moustérien, comptant des pointes de petite taille à base retouchée et des outils façonnés par la technique « truncating-facetting », qui se rattache à la tradition développée dans le Zagros et le Taurus dans la phase finale du Paléolithique moyen (Golovanova, Doronichev 2003).

4.3 - Epipaléolithique

Aucun site attribuable à la phase de réchauffement post-glaciaire n'a encore été fouillé en Arménie.   Mais au cours du printemps 2004, des habitants de Kalavan, village situé au nord du lac Sevan dans la vallée d'une rivière qui appartient au bassin versant de la Kura, ont découvert du mobilier lithique en obsidienne et en silex.   Une prospection, menée par notre mission à Kalavan, a montré la prédominance d'une production laminaire et en particulier de lames bipolaires, dont on n'a aucun autre exemple en Arménie.   Cette technique de débitage bipolaire, tout comme les lamelles à dos bien représentées dans le matériel recueilli, est caractéristique des industries de la fin du Paléolithique supérieur de la Géorgie voisine, ainsi que du Néolithique précéramique du Proche-Orient (PPNB ou Pre-Pottery Neolithic B).   Une étude technologique préliminaire de l'outillage de Kalavan a montré que le mode opératoire différait de celui du Proche-Orient (Arimura 2004) ; le parallèle avec la Géorgie doit donc être approfondi.   Une première saison de fouille aura lieu sur ce site au cours de l'été 2005.

5. - Cultures du Néolithique

Avant de déboucher dans la plaine de l'Ararat, la rivière Kasakh, qui longe le massif de l'Aragats sur son flanc Est, entaille d'épaisses coulées basaltiques en un canyon profond.   Une prospection systématique de ce canyon a permis de découvrir dans l'abri de Kmlo-2 un outillage microlithique en obsidienne, témoignant d'une occupation de la transition entre Mésolithique et Néolithique.   A une trentaine de km en aval, dans la plaine de l'Ararat, s'élève le tell d', qui a livré des niveaux Néolithiques et Chalcolithiques.

5.1 - Kmlo-2

L'abri de Kmlo-2, situé dans le canyon du Kasakh, fut occupé de façon temporaire par un petit groupe humain, qui péchait dans la rivière des poissons et des coquillages (comme en témoignent les nombreuses arêtes et les fragments de coquilles retrouvés dans la grotte), chassait le bouquetin, le mouflon et le cerf, mais élevait aussi des moutons.   Ces hommes taillaient leur outillage dans des galets d'obsidienne charriés par le Kasakh ainsi que dans des blocs, plus gros, qu'ils allaient chercher sur des gisements distants de 30 à 40 km.   L'outillage est composé essentiellement de lamelles et de lames, ne dépassant guère 1,5 cm de largeur, ainsi que de microlithes de forme géométrique (segments, trapèzes) qui ont servi probablement d'armatures de flèches tranchantes.

Une technique particulière de retouche (parallèle, manifestement exécutée à la pression) suggère des contacts avec le Proche-Orient : cette technique est en effet attestée sur des sites des 8e-6e millénaires du nord de la Mésopotamie (Boytepe et Cayönü en Turquie, Magzalia en Iraq...), où elle concerne exclusivement des objets en obsidienne, bien que ce matériau soit exotique pour cette région (Balkan-Atli 1994).   La petite taille des artefacts de Kmlo-2 et le caractère microlithique de la majeure partie du mobilier rapprochent ce site des attestations Mésopotamiennes les plus anciennes.   La pratique de la domestication du mouton serait également un argument en faveur de ces contacts.

La poursuite des fouilles sur ce site en grotte et la recherche d'établissements contemporains de cette occupation pourront apporter de nouveaux indices permettant de mieux cerner le flux d'échanges qui semble avoir existé alors entre Petit Caucase et Mésopotamie.

5.2 - Aratashen

Le tell d'Aratashen s'élève dans une boucle de la rivière Kasakh, qui serpente dans la plaine de l'Ararat avant de se jeter dans le fleuve Araxe.   Les populations qui ont fondé ce village dans la première moitié du 6e millénaire étaient des éleveurs (grands troupeaux de moutons, quelques chèvres et de rares bovins) et des agriculteurs (blé amidonnier, orge à 6 rangs, lentille), la chasse étant quasiment inexistante.   Ils ont construit des maisons circulaires aux parois en pisé ou en briques crues jointoyées avec un mortier d'argile de couleur plus claire.   Leur outillage en obsidienne est bien différent de celui de Kmlo-2 : il s'agit de lames, souvent longues et fines, qui ont servi aux travaux agricoles, à l'abattage et au dépeçage des animaux, au traitement des peaux...   Les rares pointes de flèche sont en os et elles ont été retrouvées en compagnie de pierres creusées de rainures transversales pour redresser leurs longues hampes et assurer l'indispensable rectitude du jet.   La céramique est totalement absente des niveaux inférieurs du site ; elle apparaît dans les niveaux supérieurs sous la forme de fragments de vases grossiers, auxquels se mêlent cinq tessons manifestement importés du nord de la Mésopotamie, car ils portent un décor peint caractéristique de la phase récente de la culture de Halaf (dernier tiers du 6e millénaire).

La culture d'Aratashen (Badalyan et al.   2004) est étroitement apparentée à celle de Shulaveri-Shomutepe qui s'est développée dans la seconde moitié du 6e et la 1ère moitié du 5e millénaire dans le bassin de la Kura ( 1986) : même architecture, même outillage lithique et osseux, même céramique, même domestication avancée des céréales et des animaux.   La fondation d'Aratashen serait légèrement antérieure à celle de Shulaveri d'après les datations C14 et d'après le mobilier : ainsi, la céramique est totalement absente des niveaux inférieurs d'Aratashen, alors qu'elle est présente à Shulaveri dès le niveau le plus ancien.

Mais l'origine commune de ces deux cultures pose un problème actuellement difficile à résoudre (Lombard, Chataigner 2004).   La maîtrise de la domestication suggèrerait une « importation » depuis le Proche-Orient, puisqu'aucun site de Transcaucasie n'a encore livré de restes végétaux témoignant d'une transition entre variétés sauvages et domestiques.   Cependant l'ensemble de la culture matérielle (architecture circulaire, apparition tardive de la céramique...) témoigne d'une originalité certaine par rapport aux cultures de la fin du 7e et du début du 6e millénaires dans le nord de la Mésopotamie, caractérisées par une architecture rectangulaire et une production céramique diversifiée.

Les recherches doivent donc se poursuivre afin de découvrir des établissements antérieurs à Aratashen et mieux comprendre ce que fut le peuplement de l'Arménie dans la première partie de l'Holocène, ainsi que l'origine, pour cette région, du processus de domestication de la flore et de la faune.

6. - Représentations rupestres

Dans le canyon de la rivière Kasakh, non loin de l'abri de Kmlo-2, fut repérée une grotte aux parois ornées de scènes peintes en rouge représentant des animaux (bouquetins, chevaux...), des personnages aux mains démesurées, des frises de guerriers armés d'un arc, debout sur des cervidés...   Ces représentations, semblables à celles gravées sur des rochers dans les montagnes voisines, sont attribuées aux âges du Bronze et du Fer, certaines figures tracées dans un style plus réaliste relevant peut-être du Chalcolithique.

De telles représentations ont été retrouvées dans le sud-est du pays sur le site de Godedzor, où des sondages menés en 2004 ont permis de mettre au jour une habitation circulaire aux murs en pierre contenant un abondant mobilier céramique et lithique appartenant au Chalcolithique récent.

Devant les risques de dégradation (observée sur les peintures d'une année sur l'autre) ou de destruction (un site gravé a été détruit l'an passé, car il se trouvait sur un terrain privé, la législation arménienne n'offrant aucun recours pour la sauvegarde de ce patrimoine), une opération a été lancée pour inventorier et enregistrer de façon systématique les représentations rupestres du pays.   Un projet de base de données a été élaboré et deux jeunes archéologues arméniens formés pour participer à cette énorme tâche.

7. - Conclusions et perspectives

Les recherches menées par notre mission dans le Petit Caucase ont donc permis de découvrir des sites relevant de phases jusqu'alors mal connues de la Préhistoire locale.   Mais ces vestiges ne donnent encore qu'une vision « morcelée » dans le temps et dans l'espace du peuplement de cette région :
 
  Nord-Ouest
(Haute vallée de l'Akhurian)
Ouest
(vallée du Kasakh)
Sud-Ouest
(plaine de l'Ararat)
Centre
(région du lac Sevan)
Sud-Est
(Vallée du Vorotan)
Chalcolithique récent    

Aratashen
niv. 0

hiatus

niv. I

niv. IIa
|
niv. IId

  Godedzor
Chalcolithique ancien      
Néolithique avec céramique        
Néolithique pré-céramique    
Kmlo-2
   
Epipaléolithique / Mésolithique     Kalavan  
Paléolithique supérieur          
Paléolithique moyen   Aparan     Angeghakot
Paléolithique inférieur Eni-El        

L'intensification des prospections est donc indispensable pour obtenir une image plus exacte de l'évolution de l'occupation humaine dans le Petit Caucase et pour permettre la découverte de sites-clés, dont la fouille apportera les éléments qui manquent actuellement pour comprendre la succession des cultures sur ce territoire et préciser leurs interactions avec les grands ensembles culturels voisins.   Pour combler progressivement les vides dans la carte archéologique de l'Arménie, notre mission doit mener en parallèle plusieurs opérations de terrain, ce qui suppose une organisation complexe, mais permet des échanges très fructueux entre disciplines (archéozoologie, archéobotanique, céramique, lithique...), chaque spécialiste participant en général à plusieurs chantiers.

Afin de poursuivre de façon approfondie la reconstitution du contexte paléoenvironnemental tout au long du Pléistocène et de l'Holocène et de consacrer à cette étude un financement spécifique, notre mission s'est associée à des laboratoires de palynologie, d'anthracologie et de géochronologie (datations par K/Ar, U/Th et paléomagnétisme) pour élaborer un programme « Eclipse » (« Environnements quaternaires du Petit Caucase : forçage du volcanisme, des glaciations et de l'Homme »), qui vient d'être sélectionné par le C.N.R.S.  

8.1 - Liens

  • et al., - L’obsidienne du Petit Caucase :
    - L’enjeu scientifique La caractérisation des sources d’obsidienne du Petit Caucase La circulation de l’obsidienne Les ateliers de taille et l’exploitation des gisements Carte de situation Pour en savoir plus

    8.2 - Bibliographie

  • Adler D.S.   - 2004 Cultural, Biological and Behavioral Discontinuities at the Middle-Upper Palaeolithic Boundary in the Southern Caucasus.   Xth Congress of the European Association of Archaeologists, Lyon, Septembre 2004, Paper abstracts : 159-160.
  • Arimura M.   - 2004 L'industrie lithique de Kalavan.   Mission « Caucase », Rapport scientifique 2004: 39-41.
  • Badalyan R., Lombard P., Chataigner C., Avetisyan P.   - 2004 The view from Aratashen, in : SAGONA A.   (Ed.), A View from the Highlands - Archaeological Studies in Honour of Charles Burney, Peteers Press, Leuwen : 399-420.
  • Balkan-Atli N.   - 1994 La Néolithisation de l'Anatolie, Istanbul, Institut Français d'Etudes Anatoliennes, Paris, de Boccard.
  • Barge O., Chataigner C.   - 2004 Un SIG pour l'analyse des approvisionnements: l'exemple de l'obsidienne en Arménie.   Revue d'Archéométrie : 25-33.
  • , 1998, Sources des artefacts du Proche-Orient d’après leur caractérisation géochimique, in : M.-C. Cauvin et al, L’obsidienne au Proche et Moyen-Orient : du volcan à l’outil, (BAR-738), International Series 738, ArchaeoPress, Oxford.
  • Gabunia L., Vekua A.   - 1995 A Plio-Pleistocene hominid from Dmanisi, East Georgia, Caucasus.   Nature 373 : 509-512.
  • Gasparyan B., Nahapetyan S., Jaubert J., Chataigner C., Ollivier V.   - 2003 « Novoe paleoliticheskoe mestonarozhdenie Mulki-4 (Un nouveau site Paléolithique, Mulki-4) », Archaeology, Ethnology and Folklore of the Caucasus, Papers of the International Conference, Yerevan, November 17-18, 2003, National Academy of Sciences of the Republic of Armenia, Institute of Archaeology and Ethnography, « Azarashen » : 30-37.
  • Golovanova L., Doronichev V.   - 2003 The Middle Paleolithic of the Caucasus, Journal of World Prehistory, 17:71-140.
  •    - 1986 Neolitische Siedlungen von Kvemo-Kartli, Georgien, Münich.
  • Lombard P., Chataigner C.   - 2004 Le Néolithique et le Chalcolithique en Transcaucasie : l'exemple des bassins de la Kura et de l'Araxe, in GUILAINE J.   (éd.), Aux marges des grands foyers du Néolithique : Périphéries débitrices ou créatrices ?, collection « Séminaires du Collège de France », Errance, Paris : 61-84.

    8.3 - Annexe

    Membres de la mission archéologique « Caucase » du Ministère des Affaires Etrangères
    Aratashen & Jerevan
    ()